Amiante : le point sur la situation

amiante

Comptant parmi les scandales sanitaires majeurs de la fin des années 90, l’amiante fut interdite le 1er janvier 1997 à la suite de l’expertise collective de l’INSERM. L’hexagone utilisait alors plus de 35 000 tonnes d’amiante chaque année, ce chiffre tomba à 200 tonnes en 1997 jusqu’à 12 tonnes en 1999. Il reste néanmoins présent dans de nombreux équipements et bâtiments.

L’amiante, qu’est-ce que c’est ?

Le terme amiante désigne une famille de silicates fibreux résistants au feu, ceux-ci sont divisés en 2 groupes : les serpentines (amiante blanc) et les amphiboles (principalement amiantes brunes et bleues). Exploité dans des mines, principalement en Russie, en Chine ou au Brésil, l’amiante a attiré l’attention des industriels dès la fin du 19ème siècle pour ses nombreuses qualités :

  • Résistance mécanique, au feu et aux agressions chimiques.
  • Sa faible conductivité thermique, électrique et acoustique.
  • Son élasticité.
  • Son faible coût.

400 à 500 fois plus fines qu’un cheveu et invisibles dans l’atmosphère, les fibres d’amiante, une fois inhalées, peuvent se déposer au fond des poumons et ainsi engendrer des maladies graves telles que des cancers, des fibroses ou encore des plaques pleurales. L’exposition régulière augmente la probabilité de la maladie qui survient en général plusieurs années après le début de l’exposition.

Longtemps considéré comme un produit miraculeux et massivement utilisé en France pendant plus de 100 ans, le pic de consommation fut entre 1973 et 1975 période durant laquelle 150 000 tonnes étaient consommées chaque année. L’amiante était alors utilisée dans de nombreuses applications industrielles et domestiques :

  • Isolation thermique des canalisations, des EPI, des câbles électriques, des faux-plafonds, des murs etc.
  • Sous forme de poudre pour les colles, plâtres, enduits de finition, etc.
  • Mélangé à du ciment pour la production de gaines de ventilation, plaques ondulées, canalisations, etc.
  • Sous forme de charge minérale pour les peintures, vernis, mastics, etc.
  • Mélangé à des matières plastiques pour la fabrication de joints, ustensiles ménagers, revêtements, etc.
  • Incorporé aux bitumes pour l’étanchéité des toitures, contre la corrosion, revêtements routiers, etc.

 

Quelles sont les effets sur la santé ?

Une expertise de l’INSERM réalisée en 1996 a réaffirmé que la totalité des variétés d’amiante sont cancérigènes, il a été prouvé par la suite que l’amiante peut également provoquer des pathologies telles que l’asbestose ou les plaques pleurales. 

La particularité de l’amiante est que ses fibres se séparent facilement sous l’effet d’usinages, de frottements et de chocs, cela créé un nuage de poussières très fines invisible à l’œil nu. Du fait de son caractère microscopique, long et fin, la fibre d’amiante pénètre facilement l’appareil respiratoire et est très difficilement éliminé par l’organisme.

Les fibres ainsi retenues par les poumons créent des inflammations, les manifestations sont très discrètes et la détection des pathologies n’est pas aisée au stade précoce de la maladie. Dans le cas où la quantité de fibres retenues dans les poumons est élevée, l’asbestose, une fibrose du poumon profond peut apparaître après plusieurs années d’exposition.

La division des cellules épithéliales des bronches peut également être altérée par les fibres, une transformation cancéreuse peut alors survenir et provoquer un cancer broncho-pulmonaire. Certaines fibres vont migrer vers l’extérieur de la cavité pleurale et atteindre la plèvre pariétale, des zones de fibroses pourront alors apparaître et également des cancers de la plèvre (la mésothéliome).

L’amiante représente une menace importante au niveau santé dont les principales pathologies sont citées ci-dessous.

  • Atteintes pleurales : L’amiante implique plusieurs lésions pleurales qui peuvent se cumuler ou se succéder : plaques pleurales, pleurésie bénigne, épaississement pleuraux, atélectasie par enroulement.
  • Asbestose : La fibrose pulmonaire dont la gravité dépend du niveau et de la durée de l’exposition. Sans traitement efficace à ce jour, son évolution est variable : rester stable ou progresser vers l’insuffisance respiratoire. L’asbestose s’accompagne d’un risque accru de cancer broncho-pulmonaire.
  • Cancers : 
    • Généralement ciblés au niveau du tissu pulmonaire, des bronches ou de la plèvre, il arrive que les mésothéliome apparaissent au niveau du péritoine, du péricarde et du tissu testiculaire. Le CIRC a également confirmé le rôle de l’amiante dans l’apparition des cancers du larynx et des ovaires, une étude récente a également mis en avant sa relation avec le cancer colique.
    • Le risque d’atteinte tumorale est un risque majeur de l’exposition à l’amiante et est majoré par d’autres agents cancérigènes comme la fumée du tabac (risque multiplié par 50 avec la combinaison amiante / tabac).
    • Le mésothéliome, cancer de la plèvre, est quasiment spécifique d’une exposition à l’amiante, celle-ci peut survenir des dizaines d’années avant le diagnostic. D’autres facteurs de risques pourraient avoir une incidence sur son apparition (virus et rayonnements), le tabac n’est en revanche pas un facteur de risque ou aggravant.

 

La réglementation autour de l’amiante

Historique

En 1931 au Royaume-Uni, une première réglementation pour la protection des travailleurs contre l’amiante est créée. En France, l’asbestose est prise en charge comme maladie professionnelle à partir de 1945 et des règles de protection sont instaurées en 1977. Par la suite, la consommation d’amiante a été réduite au fil des années, sous l’impulsion des directives européennes, pour être complètement interdite en 1996 avec effet l’année suivante.

En 1998, le deuxième producteur mondial d’amiante, le Canada, a attaqué la décision française d’interdire l’amiante devant L’OMC (Organisation mondiale du commerce) et ce, pour violation des règles du GATT. Trois ans de procédures aboutirent à la victoire des Communautés Européennes défendant la France, le décret français n’était pas contraire aux obligations de l’Union Européenne vis-à-vis de l’OMC.

L’AISS (l’association internationale de sécurité sociale) a présenté un rapport en septembre 2004 établi par l’INRS sur l’utilisation de l’amiante dans le monde. Selon ce rapport, la production d’amiante a tendance à augmenter dans les pays émergents, la Russie et la Chine en tête. La commission spéciale de l’AISS a donc appelé à l’interdiction mondiale totale de tous les types d’amiante, aussi bien en terme de production que de consommation.

Au niveau européen, l’amiante est interdite au 1er janvier 2005 dans tous les Etats Membres, les conditions sont fixées dans le règlement REACH.

Protection de la population

En vue de protéger la population des risques liés à l’amiante, la réglementation prévoit la recherche et la surveillance de l’état de conservation de l’amiante dans les immeubles bâtis, la rédaction d’un dossier technique permettant un accès aux informations et définissant les cas où le retrait ou le confinement de la substance doit être réalisé dans ces immeubles.

Protection des travailleurs

Représentant la population la plus confrontée aux risques, les travailleurs jouissent de l’application de disposition du Code du travail relatives à la prévention du risque d’exposition à des agents chimiques cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) ainsi que des dispositions particulières du Code du travail pour :

  • Les travaux de retrait et d’encapsulage de l’amiante.
  • Les interventions sur des matériaux ou appareils pouvant potentiellement libérer des fibres d’amiante.

Les sociétés réalisant des travaux de retrait ou d’encapsulage doivent obtenir une certification auprès d’organismes accrédités par le COFRAC. Depuis 2012, une campagne de mesurage de l’empoussièrement et du contrôle du respect de la valeur limite d’exposition doit également être réalisée.

Les travailleurs susceptibles d’être exposés à l’amiante doivent suivre une formation spécifique et sont soumis à une surveillance médicale renforcée, ils peuvent également bénéficier d’une surveillance post-professionnelle après avoir cessé leur activité. Il est interdit d’employer des jeunes travailleurs de moins de 18 ans pour ce type d’opérations quel que soit le niveau d’empoussièrement (certaines dérogations sont possibles sous conditions). Aussi, les travaux sur flocages et calorifugeages sont interdits aux travailleurs temporaires et sous CDD.

Protection de l’environnement

La protection de l’environnement contre l’amiante fait l’objet de textes réglementaires notamment pour les ICPE et le traitement des déchets contenant cette substance. Ces textes sont disponibles sur le site du ministère chargé de l’Écologie. En effet, les déchets contenant de l’amiante n’ont plus la possibilité d’être éliminés en ISDI (Installation de stockage de déchets inertes).

L’arrêté du 15 février 2016 relatif aux ISDND (installations de stockage de déchets non dangereux) étend les catégories de déchets d’amiante acceptables dans ces installations à tous les déchets de matériaux de construction contenant de l’amiante, également les terres naturellement amiantifères et les agrégats d’enrobés bitumineux amiantés.

 

Quelle est la situation actuelle ?

Bien que l’utilisation de l’amiante ait été progressivement réduite jusqu’à son interdiction totale en France en 1997 (fabrication et importation interdites), il subsiste des matériaux amiantés, notamment dans les bâtiments et revêtements routiers dont le recyclage a pu être pratiqué jusqu’en 2013. L’amiante peut être également trouvée naturellement dans les sols de certaines régions de France.

En effet, les travaux de désamiantage, les interventions de maintenance et d’entretien sur des matériaux et installations en place sont susceptibles d’exposer au risque d’inhalation de fibres d’amiante.

Les métiers suivants sont particulièrement concernés :

  • La maintenance et entretien divers par exemple le nettoyage des sols, vérification des systèmes de protection contre l’incendie, etc.
  • La téléphonie (installateurs-vérificateurs, lignards),
  • Les travaux publics.
  • Les jardiniers.
  • Les opérateurs de repérage.
  • Les laboratoires de prélèvement et d’analyse de l’amiante.
  • Le désamiantage en bâtiment ou sur équipements.
  • Les métiers du second œuvre tels que les plombier-chauffagistes, maçons, carreleurs, peintres, etc.
  • Les conducteurs de travaux industriels.
  • La réparation navale, le démantèlement des navires, voitures et des avions.
  • Les garagistes.

L’amiante est toujours responsable de presque 4 000 maladies par an et représente la deuxième cause de maladies professionnelles. Les victimes peuvent obtenir une indemnisation auprès du FIVA (Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante) et, dans certains cas, il est possible de bénéficier d’une allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante.

 

En savoir plus sur le site de l’INRS

 

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